S'inscrire à la newsletter

Le Souvenir Francais de Chine

L'histoire des Francais de Chine racontée autrement…

La radiodiffusion en 1939 / 1940

La radiodiffusion en 1939 / 1940

Posté par Claude Jaeck le 12 février 2010

par Jean-Paul CLAUDEL (source: www.charles-de-gaulle.org)

Le parc des récepteurs de radio au début de la Guerre

La France compte à l’époque 41 millions d’habitants qui se partagent 5 millions de postes récepteurs TSF contre seulement 1,9 millions en 1935. L’impulsion de Georges Mandel a donc été décisive. D’après les recettes de la redevance radio déjà due alors, on peut raisonnablement tabler sur 6 millions de postes dont la répartition sur le territoire est à l’image des inégalités des niveaux de vie. La région parisienne compte plus du quart des TSF suivie par le Nord (400000), la Seine Inférieure, l’Est et la Gironde. Le Centre et le Midi en comptaient beaucoup moins. La Lozère en comptait 3000 en 1939.

Techniquement, les postes récepteurs sont arrivés à maturité. Construits sur le principe du superhétérodyne de Lucien Lévy (fondateur de Radio L.L.) toujours utilisé mondialement de nos jours, la sensibilité est en très élevée et une bonne réception s’accorde d’une antenne de quelques décimètres. On est loin alors des nappes d’antennes de plusieurs dizaines de mètres de long des années 1920. Branchés sur le secteur, on a oublié le calvaire des batteries à recharger ou qui fuyaient sur le tapis du salon. L’oeil magique habille la façade et tel un vers luisant distille dans la pénombre sa magique luminescence verte.

Tout d’abord limités à la réception des grandes ondes, avec la capacité croissante des lampes de radio à « monter en fréquence », les récepteurs offrent plusieurs gammes d’ondes : GO, PO, OC. Sur ondes longues (GO), peu de postes de radiodiffusion sont reçus en 1939 : Luxembourg, Londres (BBC). Les postes de radiodiffusion en ondes moyennes sont beaucoup plus nombreux et leur écoute est magnifiée pendant la nuit suite aux phénomènes des couches ionosphériques.

LONDRES, LA BBC ET LA PROPAGANDE DE GUERRE

En grandes ondes (GO), placée en plein centre du cadran à aiguille rectangulaire ou rond, la BBC émet sur 1500 mètres de longueur d’onde. En petites ondes (PO ou OM), la BBC émet sur 265 mètres de longueur d’onde en national puis, avec la montée de la guerre, en international à destination des pays européens.

La BBC commença ses émissions quotidiennes en 1932 tout d’abord vers l’Australie puis, la tension internationale montant, vers l’Europe, 24 heures par jour, et ce jusqu’à 51 bulletins d’information par jour en 16 langues différentes, chaque bulletin étant différent car adapté au pays ciblé.

Tout d’abord réservés et uniquement informatifs, les bulletins d’information de la BBC deviennent plus agressifs au fur et à mesure des agressions hitlériennes par la propagande de Goebbels.

LE CONTEXTE POLITIQUE DE LA RADIODIFFUSION FRANCAISE EN 1939

A l’approche de la guerre et instruit par l’expérience allemande fort en avance, Daladier a radicalement transformé l’organisation et le régime même des stations qui constituaient le secteur public et privé de la radio afin d’avoir la main mise sur l’ensemble.

Depuis février 1939, toute émission autre que technique ou culturelle, en fait toute l’information au sens large, relève d’un organisme appelé Centre Permanent de l’Information Générale. Il est placé sous l’autorité du Président du Conseil et est dirigé alors par Emile Lohner. Installé Rue François Premier, ce centre pilote toutes les émissions en langues étrangères sur Ondes Moyennes.

Daladier acheva de donner à la radiodiffusion son statut de guerre, statut qui fut repris à la fin de la guerre et appliqué à la télévision. Daladier créa une administration unifiée de la Radiodiffusion nationale.

Un commissariat général à l’information fut créé et confié à l’écrivain Jean Giraudoux qui est chargé d’organiser, d’animer et de coordonner tous les services d’information et de propagande français.

Neuve, cette radiodiffusion de guerre doit être rodée au fil des événements. Elle n’a pas l’expérience de la BBC ou la virulence de la Radio allemande.

LA PROPAGANDE FRANCAISE

Les programmes de propagande nazis sont déjà connus en France par l’action de Paul Ferdonnet, et la France n’a pas encore pensé à l’utilisation de la radio comme moyen de contre propagande. Marcel Bleustein Blanchet réagit et demande au Président Edouard Daladier de mettre sur pied une grille de programmes dans laquelle serait incorporée une contre propagande menée par Jean Giraudoux à partir du 29 juillet 1939. Ce nouveau haut commissaire à l’information n’est pas du style le plus efficace pour contrer la virulence de Berlin.

Le 23 mars 1940, Jean Giraudoux est remplacé par Frossard qui nomme Jean Guignebert à l’anti propagande.

La guerre des ondes commence mais il est trop tard. Le 6 juin 1940, le gouvernement décide le repli vers Briare et c’est la débâcle avec l’armistice annoncée au micro de RADIO BORDEAUX le 16 juin 1940 par le Général Pétain.

A cette époque, les TSF sont branchées en permanence et les auditeurs sont nombreux, même ceux sur les routes, qui peuvent prendre connaissance de l’appel du Général de Gaulle. Nombreux sont les hommes et les femmes qui dans l’angoisse des nouvelles tournent les boutons de leur récepteur à l’écoute de toute source: Radio Paris, Londres, Luxembourg. Les 7 millions de réfugiés sur les routes s’arrêtent pour écouter la radio aux haltes de midi et du soir. Et ce ne sont que nouvelles de l’agonie nationale.

L’APPEL DU 18 JUIN 1940

Le Général de Gaulle a quitté la France le 17 juin à bord d’un appareil britannique pour Londres en compagnie du Général Spears et du Lieutenant Geoffroy de Courcel. Dés le lendemain, il lance son appel « à tous les officiers ou soldats français », appel enregistré et repassé plusieurs fois par la suite. Un homme de radio averti comme André Gillois annonce une grande audience de cette première intervention car des millions de gens suivaient assidûment les bulletins en langue française venant de la BBC et de la Radiodiffusion française. Dés le lendemain, les journaux publièrent les termes de l’appel. Le 19, puis le 22 juin, de Gaulle devait s’adresser de nouveau aux auditeurs français de la BBC. Commence alors l’épopée de la France Libre.

SOURCE : www.charles-de-gaulle.org

Tags: Appel du 18 Juin, Charles de Gaulle

Comments are closed.